The Witcher : peut-elle être le nouveau Game of Thrones ?

Prenez deux sagas littéraires du genre dark fantasy, the witcher et Game of thrones, se déroulant à l’époque médiévale. Ajoutez y des fans désabusés par la fin en demi-teinte de Game of thrones. Saupoudrez d’un peu de mauvaise foi. Et vous obtenez une comparaison mal venue entre deux séries qui ne devraient même pas être citées dans la même phrase. A peine terminée que les #sériesaddict s’empressent de trouver un remplaçant à la série qui a dominé la TV pendant 10 ans quand bien même son remplaçant désigné n’oserait même pas prétendre à cela – en tout cas cette volonté ne m’a pas sauté aux yeux. Très attendue par les fans de la saga d’Andrzej Sapkowski, The witcher disponible depuis le 20 décembre sur Netflix peut-elle remplacer Game of thrones ?

C  O  M  P  A  R  A  I  S  O  N     N’  E  S  T     P  A  S     R  A  I  S  O  N
Game of thrones, c’est politique.

Comparer Got et The witcher serait pour moi aussi hasardeux que de comparer V wars et True blood – quoi que au demeurant on peut voir plus de point communs entre TB et VWars qu’entre GOT et TW. Il faut tout d’abord qu’on se rappelle que le succès de Game of thrones ne s’est pas basé sur une épopée fantastique pleine de dragons, de marcheurs blancs et autres prêtresses rouges mais sur des intrigues politiques. Bien évidemment, la lutte contre le « Night king » a pris une place importante dans le récit et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle ne s’est pas achevée comme il se devait.

Ce qui a rythmé les 9 saisons de la création de D.B Weiss et D. Benioff c’est bel et bien la guerre pour le trône de fer. Les manigances des Lannister pour rester sur le trône. Les déboires de la famille Stark souveraine du Nord mais perdue à travers le pays ou encore l’éducation à l’exercice du pouvoir de Daenerys à Essos. Ce sont toutes ces intrigues politiques, ces jeux de pouvoir qui ont fait d’une série dont le nom ne pouvait être plus équivoque la meilleure de la décennie. Got c’est un questionnement à l’instar de Machiavel dans le Prince sur les qualités d’un bon souverain. La stratégie politique de Cercei, les principes moraux de Jon, l’abnégation de Daenerys… C’est une réflexion de 9 saisons sur les difficultés à diriger. Que ce soit la garde de nuit, des dothrakis ou 7 royaumes.

Daenerys, Jon Snow et Cersei dans un exercice de regard de haute volée
The witcher, beaucoup moins.

Je souhaite bien du courage à celui qui après avoir visionné The witcher tenterait d’y trouver des intentions narratives semblables à la série d’HBO. Là où GOT tente une réflexion sur le pouvoir, son acquisition et son exercice, TW à travers un récit épique plus proche des canons du genre fantastique (l’héroïne Cirilla doit retrouver Geralt de Riv afin qu’il la protège des méchants Nilfgaardiens) s’intéresse surtout aux questions de différence et d’acceptation à travers les personnages de Geralt et Yennefer. A part les dragons, la magie et les mythes, les similitudes ne sautent pas vraiment aux yeux. De plus, quand Benioff et Weiss saupoudrent leur univers médiéval d’un peu de fantasy, Lauren schmidt nous plonge totalement dans l’atmosphère fantastique qui occupe une place prépondérante dans la construction de l’histoire.

I  L     N’  Y   A     Q  U’  U  N     S  E  U  L     G  O   T   

N’en déplaise aux fans déçus – et j’en fais partie – impossible de trouver dans la création de Netflix un éventuel remplaçant à GOT. Entendons nous bien The Witcher a du potentiel. L’univers est assez riche et les décors assez bien travaillés pour offrir quelques épisodes sympathiques visuellement. Le personnage de Yennefer est plutôt attachant.

Yennefer, la plus charismatique de la série et de loin

Son passé de bossue maltraitée, sa formation de mage pas toujours très rose à Eretuza, sa romance écourtée avec Istredd lui donne une certaine épaisseur qui manque cruellement à Geralt dont la voix faussement rocailleuse et les répliques directes et froides n’ont pas l’effet escompté. Je ne prendrais pas le temps de parler de Cirilla dont la présence à l’écran n’apporte rien. Les scènes d’action sont remarquablement bien filmées, malheureusement j’ai l’impression que c’est là, la seule ambition des réalisateurs. L’action prend le pas sur la clarté narrative. Dès le premier épisode on a une bataille, des combats à l’épée, un duel avec un monstre – Woaw, tout ça tout de suite ?! Les questions élémentaires d’espace ne sont pas traitées à dessein puisqu’on découvre au quatrième épisode que l’histoire se déroule à 4 époques différentes en simultané.

Malheureusement cette tentative de complexifier un schéma narratif visiblement pas bien maitrisé n’apporte rien à part plus de flou. Faire un récit chronologiquement déconstruit pourquoi pas mais encore faut-il bien le faire. Après un premier épisode où l’on découvre le personnage de Geralt, les deux suivants nous plongent dans le passé de Yennefer 40 ans avant sa rencontre avec Geralt sans qu’aucun indice ne nous soit dévoilé – WTF?! Bref on ne saisit pas grand chose et on enchaine les épisodes sans vraiment comprendre où on veut nous mener. Une chose est sûre ce n’est pas dans le sillage de Game of thrones.

Mathieu, un fan de série à qui on n’a rien demandé mais qui donne son p***** d’avis quand même.

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