The handmaid’s tale: le rouge vous va si bien [Alerte spoiler]

Revenue en force le 4 février dernier avec un premier teaser diffusé lors de la mi-temps du superbowl – rien que ça – The Handmaid’s tale alias « La servante écarlate » tient toutes ses promesses depuis la diffusion des trois premiers épisodes de cette troisième saison le 5 juin dernier. Alors que je suis toujours avec plus d’excitation les aventures de June ( interprétée par Elisabeth Moss), je suis au regret de constater que bien trop peu de monde autour de moi semble avoir connaissance de l’existence de – et je n’ai pas peur de le dire – l’une des meilleurs séries du moment.

Permettez moi, si vous ne regarder pas encore The Handmaid’s tale, de vous dire que vous me rendez très triste. Classée pour moi parmi Vikings, The walking dead ou encore Breaking bad, la création de Bruce Miller diffusée depuis 2017 sur Hulu a entamé sa troisième saison comme elle avait terminé la deuxième : avec brio. En disant cela j’avance déjà un premier argument en faveur de THT*. En effet, la constance en terme de scénario, de tension dramatique, de réalisation est une qualité rare dans le paysage sériel qui bien trop souvent nous propose des séries aux saisons disparates et aux épisodes inégaux. Mais comme à mon habitude je m’emballe et j’en oublie les fondamentaux, The Handmaid’s tale…

June (Offred)
C  A     P  A  R  L  E     D  E      Q  U  O  I  ?

Suite à une catastrophe environnementale qui a conduit à une chute de la fertilité mondiale, « les fils de Jacob », une secte politico-religieuse s’empare du pouvoir aux Etats-unis. Elle y instaure une hiérarchie sociale où les femmes privées de toutes libertés sont classées en 3 groupes : Les épouses, les « Martha » qui s’occupent du foyer et les « servantes » qui servent de poules pondeuses aux couples pieux et méritants. S’appuyant sur des interprétations extrémistes et dangereuses de la Bible, la « République de Gilead » impose un régime totalitaire ou la misogynie et le sexisme sont la norme. Dans cette Amérique rétrograde, June une servante affectée au couple Tom et Serena Waterford, tente de retrouver sa fille Anna qui lui a été enlevée. Femme, épouse et mère par le passé, elle se retrouve au pied d’une échelle sociale qui ne lui attribue d’autre valeur que sa capacité à procréer. De quoi retourner Simone Veil dans sa tombe.

Narrée par June en voix off, l’histoire nous plonge dans le quotidien d’une servante au sein de Gilead. Comme une confession tirée d’un journal intime, le récit sonne comme un témoignage de l’intérieur détonant de la propagande agressive menée par les Fils de Jacob. Rythmée par les émotions de June qui oscille entre désespoir et esprit de révolte, la série avance sans qu’on ne puisse en prédire le dénouement. Un peu comme Game of thrones à ses bonnes heures – il y a fort longtemps – THT nous surprend à chaque épisode et parfois au cours d’un même épisode. Sans pour autant suivre un rythme effréné – on peut même dire parfois que ça traine un peu – les scénaristes nous font passer par plusieurs émotions et on ne sait jamais si les progrès opérés par June ne seront pas réduits à néant l’épisode suivant.

F  E  M  I  N  I  S  T  E     E  T     B  I  E  N     P  L  U  S

Clarifions les choses, THT n’est pas une pseudo critique de la religion. Bien qu’omniprésente dans la série, elle n’est que l’élément de contexte qui soutient l’histoire. Alors oui, si la dernière fois que vous avez mis les pieds à l’église c’était pour votre baptême, il se pourrait que vous enragiez un peu à la vue d’un prêtre après quelques épisodes mais ce n’est pas à vous que je vais apprendre – cinéphiles en herbe – que pour trouver le vrai message d’une série, il faut gratter un peu la surface. Moins une satyre de la religion qu’une réflexion sur le féminisme, la série ne se contente pas de véhiculer un message mal dégrossi sur le Girl Power.

Serena & June

Bien qu’elle traite évidemment des relations entre les hommes et les femmes, la série se concentre avant tout sur les relations des femmes entre elles, celle opposant June à Serena au premier plan. Tantôt conflictuelle, tantôt cordiale, la relation du couple June/Serena témoigne de la volonté des scénaristes de mener la réflexion sur le féminisme à travers l’opposition de deux femmes aux croyances différentes mais néanmoins indépendantes. Comme pour montrer qu’il n’existe pas qu’une forme de « féminisme ».

C  O  N  C  L  U  S  I  O  N

Bon si après ces quelques paragraphes vous n’êtes toujours pas convaincus, moi je ne sais plus quoi vous dire. Même si on peut faire quelques reproches sur le rythme parfois un peu lent, The Handmaid’s tale est une série surprenante tant par l’idée originale que par le scénario plein de rebondissements. La narration à la première personne faite par June, nous plonge en immersion dans son quotidien et met en lumière son évolution dans l’histoire. On suit ses états d’âmes, ses doutes, ses peines, sa rage et on se prend de passion pour son personnage complexe et entier. Tous les personnages sont d’ailleurs pensés avec la même intelligence et même les partisans de Gilead ne me sont pas antipathiques. De plus, la série est totalement dans l’air du temps. Bref, regardez la au plus vite, vous ne le regretterez pas.

Mathieu un fan de série à qui on a rien demandé mais qui donne son p***** d’avis quand même.

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