Mulan : un échec de plus pour Disney !

Ce pourrait bien devenir une habitude. Disney annonce une adaptation en live action, je m’enthousiasme. Le film sort, je suis déçu. La firme américaine m’avait mis en colère avec son adaptation scandaleuse d’Artemis Fowl. Apparemment Disney ne retient pas les leçons. Une réalisation un peu maladroite m’aurait fait tiquer sans pour autant crier au scandale mais prendre autant de liberté avec l’histoire d’origine (surtout quand on s’inspire de soi-même) c’est NON !

U  N    C  L  A  S  S  I  Q  U  E,   C  A    S  E     R  E  S  P  E  C  T  E

Quand on parle « d’adaptation » comme je l’avais déjà exprimé dans la critique d’Artemis Fowl, on s’attend à retrouver des repères qui nous rappellent l’œuvre de départ. Des libertés sont possibles tant que les balises sont présentes. Hé bien, mes chers lecteurs, figurez-vous que ce principe le géant Américain ne désire pas le respecter. Pour des raisons que je ne m’explique toujours pas, Disney est parti à l’opposé du personnage de base. La Mulan un peu gauche et timide que nous connaissions devient une jeune femme agile, débrouillarde au caractère déjà affirmée. La petite fille naïve et ingénue qui s’émancipe à force de persévérance n’existe plus. Non, faisant preuve d’un opportunisme grossier, la firme Américaine surfe sur la vague féministe qui déferle sur Hollywood. Mulan dès le début est « badass », elle maitrise les arts martiaux et le « chi ». Elle surpasse d’emblée tous les soldats et est même contrainte de cacher sa force.

Pourquoi ? Pourquoi rendre encore plus féministe un film qui l’était déjà ? Car oui, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, à l’époque (1998) Mulan était déjà féministe. L’histoire de la jeune fille contrainte de se déguiser en homme pour intégrer l’armée en lieu et place de son père vieillissant, qui finit par y faire ses preuves et être acceptée et reconnue aux yeux de tous ne suffisait pas ? Non, il fallait en rajouter. Du coup, donnons à Mulan une petite sœur – qui n’apporte absolument rien à l’histoire – et puis pourquoi pas une sorcière ? On ne comprend pas d’où ça vient mais vu qu’il fallait un personnage féminin de plus pourquoi pas ? Personnage évidemment persécuté par Bori Khan le chef des envahisseurs. On n’y comprend plus rien. Si l’intention était sincère, nous pourrions l’accepter mais la ficèle est trop grosse. Rajouter des femmes c’est bien mais encore faut-il leur donner de la matière.

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Disney poursuit son entreprise de destruction de son propre classique en sortant Mushu et le petit criquet du casting. Il est facile de comprendre que modeler en 3D un criquet, qui en soi n’est pas capital à l’histoire, soit emmerdant. Cependant, l’absence de Mushu est préjudiciable à l’histoire, tant il est important dans le dessin animé. Surtout qu’il n’est pas juste « absent » il est remplacé par un phœnix, une figure tout autant imaginaire. Alors à quoi bon ?

M  A  U  V  A  I  S  E    I  D  E  E,     M  A  U  V  A  I  S  E    R  E  A  L  I  S  A  T  I  O  N

Bref ! Après seulement 20 minutes de visionnage on n’y est déjà plus. On décroche très vite car la promesse n’est pas tenue. C’est ce qui est le plus grave. Que la réalisation ou les acteurs soient moyens c’est évidemment dérangeant mais au moins les intentions peuvent y être. On peut passer à côté mais au moins on saluera l’effort: « bonne idée, mauvaise réalisation ». Ici ce n’est pas le cas, le scénario n’y est pas. Les intentions ne sont pas au rendez-vous, on veut juste se justifier par la marque « Mulan » pour réaliser un film d’action à effets spéciaux grandiloquents pour appâter les spectateurs.

L’absence des chansons si emblématiques du classique Disney (chansons qui sont pourtant présentes dans les adaptations d’Aladdin, La belle et la bête, ou le Roi Lion) démontre bien que l’idée de départ n’était pas de faire un film « Disney ». L’objectif était de s’ouvrir les portes du marché chinois. De fait, cette adaptation se rapproche plus des films de sabre « chinois » comme Tigre et Dragon ou Hero que de Maléfique. Malheureusement, on ne retrouve pas le savoir-faire des réalisateurs de l’empire du milieu qui savent rendre crédibles les acrobaties les plus délirantes. La réalisation Américaine est bien loin de tout cela. Alors que Fast and Furious repousse les limites de l’acceptable, il parait presque plus crédible que Mulan. Et que dire de la scène du combat final entre l’empereur et Bori Khan ? Tout simplement grotesque. Et je dois l’avouer je n’ai pas pu retenir mon fou rire.

Scène du combat final entre Mulan et Bori Khan

Quand on sait que le film a fait un flop lamentable en chine – pas aidé il est vrai par les nombreuses polémiques autour du soutien de l’actrice principale à la police répressive hong-kongaise – où il est critiqué, de la même façon, pour sa méconnaissance du mythe de Mulan à l’origine du premier film. On comprend d’autant plus l’ampleur de l’échec.

C  O  N  C  L  U  S  I  O  N

Bref, Disney m’a déçu. Pourtant j’étais déjà prévenu avec Artemis Fowl. Les nostalgiques ne s’y retrouveront pas, les cinéphiles plutôt neutres non plus. Comment se passionner pour un film qui s’adresse à un public qui l’a lui-même d’ores et déjà rejeté ? Noté 4/19 en Chine, ce film d’1h57 à 200 millions de dollars – quand même ! – s’en tirera avec un 3/10 chez Critique Certifiée.

Mathieu, un fan de cinéma à qui on n’a rien demandé mais qui donne son p***** d’avis quand même.

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