Devils vs Billions.

Diffusée en US+24 sur OCS depuis le 18 avril, Devils, coproduction européenne inspirée du roman financier de Guido Mara Breda, nous plonge au cœur des marchés financiers dans un contexte de crise post 2008. Alors que Billions est revenue aux affaires depuis le 3 mai dernier, permettons-nous une petite comparaison mal venue.

D  E  V  I  L  S,    C  A    P  A  R  L  E     D  E     Q  U  O  I  ?

Massimo Ruggero est un brillant trader de la New-York London Investments Bank, basée à Londres. Alors qu’il est en lice pour le poste de vice-président, l’apparent suicide de son concurrent Ed Stuart et le retour énigmatique de son ex-femme pousse son supérieur et mentor Dominic Morgan à lui refuser sa promotion. Vexé de ce qui s’apparente pour lui à une trahison, Massimo et son équipe se mettent en tête de faire tomber la NYL en découvrant la vérité sur la mort de Ed.

Le décor ainsi planté, on s’attend forcément à des manigances, à des secrets et à de la manipulation. Ça tombe bien, la série tient ses promesses et il n’y a rien de mieux. Le synopsis nous promet un thriller. Parfait, la série nous abreuve de rebondissements et de révélations en tout genre. Frôlant parfois le sensationnalisme que je reproche souvent aux scénaristes US, la coproduction Européenne réussie son coup et reste cohérente – on n’apprend pas soudainement que Massimo est le fils caché de Dominic, hein Shonda ? Ancrée historiquement par des images d’archive, la série mise en scène de façon réaliste n’est donc pas déconnectée du monde de la finance mais en fait plutôt une critique acerbe et pointue, rappelant sans cesse le contexte de crise dans lequel se situe l’Europe en 2011.

Dominic et Massimo

Malheureusement pour les créateurs de Devils, leur critique incarnée par le requin sans scrupules Dominic Morgan – interprété par un Patrick Dempsey bien loin du Dr Mamour de Grey’s Anatomy – n’est pas assez soutenue par les personnages. Massimo et Dominic manquent d’épaisseur et de subtilité. L’intention de faire du trader italien le chevalier blanc partant à l’assaut du “dragon dollar” est trop évidente. Au départ trader aux dents longues, il devient soudainement bienveillant. Et à l’inverse la psychologie de Dominic est à peine évoquée. Les allusions à son fils disparu sont superflues et n’apportent rien à son personnage. A la décharge des show-runners le format mini-série de dix épisodes ne donne pas vraiment de liberté pour étudier en profondeur la psychologie des personnages. Dommage.

Cette contrainte prise en compte les scénaristes ont donc, selon moi, fait le bon choix puisque, contrairement à Billions, la série repose sur les révélations et l’avancée de l’enquête plus que sur une véritable opposition entre deux personnalités fortes. La guerre entre Dominic et Massimo n’est qu’un prétexte pour orchestrer un combat symbolique du bien contre le mal, de la morale contre la cupidité ; là où l’affrontement entre Bobby Axelroad et Chuck Rhoades occupe pleinement l’espace et influence toutes les actions des personnages. Comme dit dans le précédent article : 5 bonnes raisons de regarder Billions, le match Bobby vs Chuck se distingue des caricatures habituelles du gentil et du méchant car les deux personnages sont nuancés. Et plutôt que d’en parler maladroitement, les show-runners suggèrent les faiblesses de chacun à travers les actions menées par les personnages.

C  O  N  C  L  U  S  I  O  N

Ce n’est donc finalement qu’une question de parti pris. Là où Devils prend position pour critiquer un système, Billions nous offre un duel de génies aussi immoraux l’un que l’autre et ne prend pas position – du moins pas encore. S’il fallait absolument choisir entre les deux, je plébisciterais quand même Billions même si Devils est une bonne série qui peut tout à fait coexister avec celle de Showtime tant elles sont éloignées l’une de l’autre.

Mathieu, un fan de série à qui on n’a rien demandé mais qui donne son p***** d’avis quand même.

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