Cinéma – ALPHA : l’odyssée d’une amitié et une ode à la nature [Alerte Spoiler]

Ovni des sorties 2018, je ne m’attendais pas réellement à apprécier ce film et pourtant il est si rafraichissant. Pas de violence, de sexe, de « fuck » et autres jurons, de personnages torturés, désaxés, dépressifs ou possédés… ça fait aussi du bien. Nous ne sommes pas que des psychopathes en puissance en quête de catharsis.
A  L  P  H  A     C  A     P  A  R  L  E     D  E     Q  U  O  I   ?

Il y a 20 000 ans, durant l’ère Paléolithique supérieur, un jeune homme, Keda, doit braver une nature sauvage et dangereuse afin de retrouver le chemin de sa tribu. Il fera une rencontre qui va changer le cours de l’Histoire.

Ce film est une ode à la nature qui nous rappelle avec frustration, tant notre monde est aujourd’hui pollué, qu’il ne nous est plus possible de jouir du spectacle de la voie lactée, si ce n’est à des endroits perchés de la Terre. Un ciel non pollué, une nature vivace et splendide, le film par sa photographie magnifique rend un puissant hommage, empreint de nostalgie, à notre planète de l’ère dite préhistorique. Des paysages magnifiques, secs,  humides, rocailleux, enneigés, gelés, vastes, qui submergent Keda et la louve Alpha, les personnages principaux du film. L’Homme des 1ers temps ne détruit pas mais respecte, cherche à s’adapter et à faire corps avec son environnement, sachant qu’à tout moment celui-ci peut l’engloutir. La civilisation nous a t-elle rendu insensés ? Car la nature n’a pas changé, elle engloutit encore par regain de force pour se défendre contre le dévastateur ; les ouragans Florence, les tyhons Mangkhut, les cyclones, les tremblements de terre et autres catastrophes naturelles qui s’intensifient au fil des années et surtout au gré du réchauffement climatique, à une vitesse incroyable, en témoignent. Alpha, c’est poignant et d’actualité : une façon subtile, poétique et forte de faire passer un message concernant l’avenir de l’humanité sur la Terre en faisant appel à notre sensibilité, à notre émotion esthétique, plutôt qu’à notre intellect – car n’oublions pas, la raison n’est pas notre point fort. Encore faut-il respecter la nature pour qu’elle se laisse apprivoiser or l’homme détruit ses rejetons. Le film dresse en effet ce constat : si Keda survit c’est parce qu’il a du cœur et fait d’Alpha son allié, ce qui parait au départ un aveu de faiblesse mais est en fait une force qui le conduira à une perspective jamais envisagée. Si Donald Trump ouvrait son cœur, peut-être les États-Unis pourraient-ils amorcer leur conversion aux énergies moins polluantes et que cela les conduirait à des contrats inouïs et ô combien prospères. Grâce à l’amitié entre Keda et Alpha, possibilité juste inenvisageable pour sa tribu, la survie de l’espèce humaine a pris un tout autre tournant. Après coup, ça fait réfléchir.

Et dire qu’aujourd’hui, il y a tant d’espèces en voie de disparition – quelle désolidarisation ! Ce film est aussi la métaphore du passage à l’âge adulte qui n’est pas question de l’âge mais des épreuves de la vie qui forgent un caractère, de la persévérance, de la maîtrise de soi et de la maturité. La maturité c’est considérer l’autre, en dépit des circonstances et/ou des difficultés, qui peut face à l’adversité nous tendre la main et nous apporter son secours – qui sait ? L’autre, si différent de nous. L’autre, cet immigré… Ainsi une douce amitié se tisse entre les deux, une amitié bien amenée avec le code du respect mutuel. Ce film est aussi superbement interprété par les deux acteurs – chapeau à la louve – avec une simplicité qui donne une sensation de pureté. Et pour accompagner le fond, la forme est léchée. C’est une véritable expérience visuelle ! Un conte initiatique en images (conté par une voix off pleine de sagesse, celle du père de Keda), une succession de tableaux qui éveille nos sens et captive. L’écriture est simple et n’est pas caricaturale de cette période ce qui permet aisément de se laisser emporter par la narration et d’être en empathie, de s’identifier aux personnages.

C O N C L U S I O N

Le romantisme exacerbé de la fin, je refuse de dire nian-nian, pourrait peut-être déplaire à certains mais je le trouve personnellement cohérent au vu de la narration. J’attribue donc à ALPHA la note de 8/10 et vous conseille de le voir pour vous laissez emporter par sa poésie.

Leslie.

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