La franchise Mission Impossible est-elle inépuisable ? C’est ce que semblent penser les producteurs et Tom Cruise, qui parlait pourtant d’arrêter, puisqu’ils sont repartis pour un sixième volet tout en courses poursuites et en bagarres. Plus que la réalisation, les dialogues ou l’intrigue, ce qui nous frappe en premier dans ce film, bien connu du box-office, c’est la capacité qu’ont les scénaristes à aller toujours plus loin.

I L   Y A   D E   L’ I D E E !

Bon Mission impossible n’est pas un mauvais film, malheureusement il est loin d’être un chef d’œuvre. Pourtant au niveau du scénario, il y avait de l’idée : un agent de la CIA (qui est en fait un terroriste) de mèche avec un ancien agent lui-même devenu terroriste (et arrêté à l’époque par Hunt) qui manipule la CIA pour faire accuser Ethan à sa place, au premier abord ce n’est pas mal. Présenté comme ça, vous imaginez des rebondissements haletants, des manipulations machiavéliques et des trahisons déchirantes, mais ne vous emballez surtout pas car le voile est levé, grossièrement, très grossièrement, au bout de 30 minutes – sur 2h30 de film, il y avait le temps quand même – comme si les scénaristes voulaient se débarrasser de cette histoire au plus vite. Une fois l’identité de l’agent double révélée la suite n’en est que plus fade. Les scènes d’actions ne suffisent pas à nous remettre dedans. La suite des événements est assez prévisible et on attend qu’une chose : que le piège se referme sur Hunt, comme prévu, qu’il s’échappe et parte achever sa mission en désobéissant aux ordres – vu, revu et re revu – et même le retournement de situation où Ethan et son équipe finissent par piéger l’agent double n’est pas assez travaillé et la surprise n’est que moyennement surprenante. Fort heureusement un dernier rebondissement dans l’épilogue vient redonner du peps à une fin de film qui s’annonçait quelconque.

En effet, quand Ethan tombe nez à nez, sur les lieux du prochain attentat, avec Julia, son ex-femme, on comprend que sa présence est la cerise sur le gâteau d’une vengeance bien préparée mais là encore, bien que l’idée soit intéressante, elle n’apporte rien de plus à l’intrigue puisque la tension qui devait résulter de cette rencontre retombe très vite car elle n’est que très peu exploitée. En effet, Julia n’aide finalement qu’à désamorcer une bombe dont on sait pertinemment qu’elle n’explosera pas. Ethan n’est jamais perturbé par sa présence et même si son équipe est en première ligne, on a l’impression qu’il fait juste le job – comme d’hab’.

T   O   O      M   U   C   H      A      M   O   N       A   V   I   S

Je sais que je l’ai déjà trop dit mais je le dis quand même : too much ! Si je gagnais un euros à chaque fois que je parle de cette tendance à la surenchère qu’ont les scénaristes américains, je serais déjà parti aux Maldives 2 ou 3 fois. Bon ok, Mission impossible étant un film d’action, qu’il y aient des cascades, des bagarres, des fusillades et des courses poursuites, ça n’a rien de choquant mais l’enchaînement : saut en parachute, bagarre, fusillade, grosse bagarre, course poursuite, bagarre, fusillade, saut d’un immeuble, course poursuite – en hélico, cette fois – c’est légèrement trop, non ? Pour être honnête, je ne m’attendais pas à devoir me triturer le cerveau devant l’écran mais de là à ce que ça me fasse penser à Fast and Furious, il y avait un équilibre à trouver car dans Fall out, les scènes d’actions sont plausibles. Ce n’est pas leur crédibilité qui pose problème mais surtout l’enchaînement effréné des scènes qui laisse au final très peu de place aux dialogues, dialogues qui détonent de manière surprenante avec les enjeux du film – on parle d’attaque nucléaires quand même – car jouant trop souvent la carte du comique et du second degré, ce qui dessert en finalité l’intrigue puisque ce décalage permanent entre situation critique et légèreté des personnages empêche le spectateur de considérer sérieusement les événements qui se déroulent sous ses yeux et donc logiquement de s’imprégner de l’histoire.

C O N C L U S I O N

En somme, vous l’aurez compris ce ne sont pas les éloges qui pleuvent en sortie de salle. Pourtant, les promesses en terme d’action sont bel et bien tenues. C’est dommage que tout cela ne soit pas mis au service d’une histoire vraiment passionnante car que les producteurs le veuillent ou non l’abondance de cascades ne suffit pas à nous faire entrer dans un film qui se laisse regarder sans qu’on y adhère jamais vraiment. Je donne donc la note de 5,5/10 à Mission Impossible – Fall out qui je l’espère sera le dernier.

Mathieu, un fan de ciné à qui on a rien demandé mais qui donne son p***** d’avis quand même.

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