Le premier était pas mal : l’anti-héros décalé conscient d’être un personnage de fiction qui se tape des apartés à la Franck Underwood avec le spectateur, ça amenait un peu de fraîcheur dans le genre des films de super-héros. Enthousiaste donc avant de me rendre en salle pour ce deuxième volet, j’en ressors tout de même frustré même si, bien entendu, j’ai beaucoup rigolé. [C’est à ce moment précis que Leslie s’immisce insidieusement dans mon article]. C’est qu’il n’y a plus que çà aujourd’hui – des films de super-héros – alors on en devient aussi super exigeant, vous voyez ? On est noyé par le super-héroïsme au cinéma à une cadence de plus en plus effrénée. Le truc original serait un film sur un mec banal dans une société de super-héros. Le super-héros avait quelque chose à voir avec la société; la BD en prise directe avec son environnement social. Au cinéma, nous ne sommes plus que dans la surconsommation de l’héroïsme, utilisé de façon opportuniste pour engranger de l’argent car c’est la tendance du moment. Où est passée l’éducation du spectateur ? Il faut se poser la question de l’adaptation, car chaque médium a ses spécificités, même en tant que fan de BD – car oui la BD c’est la BD, rien à voir avec un film. Ils sont en train de détruire tout ce qui fait l’art cinématographique. Le cinéma a été pris en otage par les industries Marvel et DC Comics. Réveillons nous ! Infinity War n’est pas du tout un bon film. Il y a tous les éléments qui en font une super BD de super-héros mais rien qui en fait un bon film avec un scénario et une mise en scène élaborés. Il aurait fallu un cinéaste comme Nolan ou des scénaristes comme David Koepp et Alvin Sargent p. ex. Effets spéciaux par-ci, effets spéciaux par là… les créateurs de films de super-héros, on dirait des enfants avec leur nouveau jouet. C’est ridicule ! Aucun travail de fond. Si c’était pour parler de Black Panther – Mon Dieu ! Les minorités ethniques méritent mieux. Le tout n’est pas de mettre 99,999999% de noirs dans un film de super-héros pour en faire un film satisfaisant. Il est vrai que cela semble être une victoire mais pourquoi ne pas en faire un film vraiment travaillé et innovant comme The Dark Knight. Exigeons mieux ! Quelle régression depuis les années 2010 ! Bref, après ce coup de gueule, revenons en à DeadPool 2. [Ah quand même ! « – – ].

D  E  A  D  P  O  O  L/ D O  M  I  N  O       A  N  D      N  O  T  H  I  N  G     E  L  S  E

On l’a vu associé aux X men – X men de seconde zone mais X men quand même – cette fois Deadpool débarque avec la X force une équipe de super bras cassés recrutée sur linkedIn afin de livrer bataille à un Cable (interprété par Josh Browlin qui joue également Thanos dans Infinity War, ce qui explique certaines répliques) qui nous fait un remake de Terminator en mode je vais dans le passé pour éliminer mon futur ennemi. Outre la prestation exceptionnelle de Brad Pitt dans le rôle de Vanisher (l’homme invisible), le personnage de Domino est la seule satisfaction de cette X force – Il faut dire que les autres membres sont tous victimes du syndrome aigu George R.R. Martin – C’est bien joué de se moquer des héros avec une héroïne dont le pouvoir n’en est pas vraiment un – avoir de la chance – qui se retrouve être la plus forte d’une bande de branleurs costumés. Après réflexions, pas besoin d’yeux laser ou d’une force surdimensionnée, il suffit d’avoir de la chance ! Le procédé comique est plutôt efficace, notons tout de même que les scénaristes de DeadPool sont les seuls à avoir cet humour grinçant envers l’industrie du cinéma, notamment avec un génial générique de début – société de production = bande de cons, pas mal! Dommage qu’ils usent de cet humour jusqu’à l’indigestion. Drôle et rafraîchissante, Domino crève l’écran – toute proportion gardée évidemment – tandis que les autres personnages ne servent qu’à faire les clowns. On commence à toucher du doigt les limites de ce 2ème volet. Il fallait s’y attendre, après Thor Ragnarok et Spider-man Homecoming qui ont joué la carte de l’autodérision et de l’humour à fond, les scénaristes de Deadpool qui se veulent décalés par rapport à leur cousin Marvel devaient mettre la barre encore plus haut. Problème, en voulant faire drôle à tout prix, les scénaristes – que Pool traite de fainéants tout au long du film – nous ont concocté un condensé de blagues et de ficelles comiques tellement grosses et redondantes que même Al (si son nom ne vous dit rien, c’est la mamie aveugle) pourrait les voir. Les allusions à la mécanique de réalisation sont drôles les deux, trois, premières fois mais au bout d’un moment c’est relou. On sait que Pool sait qu’il est un personnage de fiction alors pas besoin de nous le rappeler pendant 2 heures. D’ailleurs quitte à jouer là-dessus, pourquoi ne se sont-ils pas inclus dans le film pour répondre à DeadPool ? Çà, ça aurait été original. Les dialogues se résument à des punchlines comiques sans profondeur. Cependant, la scène où DeadPool s’immisce dans une scène de Wolverine fait partie des meilleures du film – c’est con que ça arrive à la fin car parlons en des after credits, oui ils sont géniaux. DeadPool qui bute Ryan Reynolds avant qu’il accepte le rôle de Green Lantern, j’ai adoré – Eh oui, il vaut mieux éviter les flops Ryan. Donc globalement, si le film avait été de même facture que les after credits, j’aurais sûrement été moins déçu. Si ça continu, il faudra qu’un Ryan Reynolds vienne buter DeadPool – Ah mince le principe est qu’il ne peut pas mourir. Quelle alternative ! On risque de se le taper pendant longtemps, j’en ai bien peur.

C O N C L U S I O N

En définitive, Deadpool est un film qui mérite, tout de même, d’être vu car on passe un bon moment surtout sur la fin mais qui nous laisse perplexe au vu de son potentiel comique mal exploité (avec un ventre mou lorsque Pool fait le deuil de sa copine) et de son 1er volet. Nous lui attribuons la note sympathique de 6/10.

Mathieu, un fan de super-héros et de cinéma à qui on a rien demandé mais qui donne son putain d’avis quand même et Leslie une passionnée de cinéma révoltée !

3 thoughts on “Cinéma – Deadpool 2 : mitigé!

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