Artemis Fowl : de grâce Disney vendez les droits !

Annoncée comme un serpent de mer depuis des années, l’adaptation cinématographique de la saga littéraire: Artemis Fowl de l’écrivain Eoin Colfer a finalement vu le jour sur la plateforme Disney +. Si les différents trailers ne laissaient rien présager de bon, la tendance s’est malheureusement confirmée. Dommage pour les fans – dont je fais partie – des aventures d’Artemis, Butler et Holly short, l’oeuvre de Kenneth Brannagh est – et je pèse mes mots – une insulte magistrale au travail de l’écrivain irlandais. Ce dernier serait d’ailleurs bien inspiré de poursuivre la maison américaine en justice tant le film saccage selon moi son œuvre.
P  O  U  R  Q  U  O  I   ?

L’adaptation, beaucoup s’y sont aventurés et beaucoup s’y sont cassés les dents. The witcher bien que plutôt fidèle à l’univers imaginé par son créateur a néanmoins péché dans la réalisation. Prouvant une nouvelle fois que le passage du littéraire au grand écran n’est pas chose aisée. Toutefois s’il prenait l’idée à qui voudrait se lancer dans cette entreprise périlleuse d’augmenter ses chances de ne pas passer à coté, une connaissance si ce n’est une maîtrise de l’œuvre d’origine serait indispensable. Car si on peut se tromper sur bien des aspects quand on transpose une œuvre d’un format à un autre, la connaissance et le respect des codes qui la régissent sont le seul point sur lequel on ne peut transiger. Le sherlock de Steven Moffat et Mark Gatiss recrée les aventures du héros de sir Arthur Conan Doyle dans un Londres moderne bien loin du Londres du XIX e siècle original. Pourtant, aucun ne saurait dire que cette version de Sherlock ne fait pas honneur au « détective consultant ».

Il faut être honnête adapter c’est aussi interpréter. De fait il y aura forcément des différences entre l’œuvre originale et son adaptation. Le Game of thrones de Benioff et Weiss n’est pas en tout point identique à celui de George R.R. Martin. Tout comme le Outlander de Ronald D Moore prend quelques libertés par rapport à l’œuvre de Dana Gabaldon. Malheureusement quand on regarde la production de Kenneth Brannagh, on ne retrouve rien de « l’esprit » de la saga. Et s’il ne s’agissait que de la qualité du film, il aurait été plus facile de pardonner – et encore. Mais quand on manque de respect à ce point à une œuvre littéraire, non seulement le cinéphile en moi bouillonne mais le littéraire enrage.

Butler, Holly short, Mulch diggums, Artemis fowl

Artemis fowl est une saga qui s’adresse à un public plutôt jeune mais est loin d’être un pseudo spykids revisité à la sauce fantasy. Issu d’une lignée de criminel, Artemis du haut de ses douze ans profite de la liberté laissée par sa mère dépressive pour prendre la succession de son père à la tête de leur entreprise criminelle quand ce dernier disparaît en mer. Dans l’œuvre d’Eoin Colfer il est calculateur et froid. Manipulateur hors pair, il n’a pour seul objectif que le profit. Décidé à rétablir la fortune de sa famille, il concocte un plan machiavélique impliquant le kidnapping d’une fée et le déclenchement d’une guerre entre les deux peuples. Si l’univers des fées, gobelins et autres trolls n’est pas nouveau, la personnalité d’Artemis offrait tant de possibilités que Disney a balayé d’un revers de main. Son absence de morale, son charisme, son flegme, sa relation particulière avec son majordome, sont autant de pistes que nous ne voyons pas dans le film de Kenneth Brannagh. En gommant tous les aspects négatifs du malfaiteur de génie, la maison mère de Mickey espérait sans doute le rendre sympathique. De peur de choquer un public de parents peut-être ? Ils ont préféré mettre l’accent sur l’univers féerique de la saga et sacrifier Artemis au profit des images et des effets spéciaux.

C  O  N  C  L  U  S  I  O  N 
En un mot comme en cent la firme californienne a manqué d’ambition. Ne sachant pas vraiment quoi faire de ce projet qui était dans les tuyaux depuis 2013, elle a opté pour la facilité en faisant d’Artemis Fowl un personnage sans relief qui aura bien du mal à conquérir de nouveaux fans. La bataille avec les anciens était déjà perdue dès le second trailer. En dénaturant non seulement le personnage principal mais l’histoire même, Disney s’est sabordé et je ne peux faire autrement que de mettre la note de 1,5/10 à ce film en espérant qu’un autre studio plus ambitieux tentera l’aventure.

Mathieu un fan de cinéma à qui on n’a rien demandé mais qui donne son p***** d’avis quand même.

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